Rachat de Gemalto par Thales – Saison 3 – ép.3 – Du droit à la déconnexion…entre Gemalto et Thales, deux visions différentes

Inscrit dans la loi Travail de juillet 2016, le droit à la déconnexion a pour objectif de permettre aux salariés de concilier vie professionnelle et vie privée et de prévenir les burn-out. Toutes les entreprises ne s’emparent cependant pas du sujet de la même manière.

Ordinateur et téléphone portables, messagerie instantanée… le digital est partout. Et lorsque les salariés sont dotés de tels outils – une grande majorité aujourd’hui -, le digital s’infiltre de manière insidieuse dans la vie privée. « Il suffit de couper son téléphone et d’éteindre son ordinateur ! » clameront certains. Oui, il suffit. Mais lorsqu’il existe un lien de subordination entre la personne qui envoie un message en dehors du temps de travail (week-end, RTT, soirée, vacances) et celle qui le reçoit, il est parfois difficile pour cette dernière de ne pas répondre à la sollicitation. D’où le droit à la déconnexion.

Sauf qu’il n’existe pas de définition claire et précise du droit à la déconnexion. Ce sont aux entreprises elles-mêmes de le définir ainsi que ses modalités, à travers la rédaction d’une charte. Il existe donc autant de définitions que de chartes et d’entreprises.

Gemalto a abordé la thématique dans son accord sur la réduction, l’organisation et l’aménagement du temps de travail. A minima et dans une formule sibylline : « Gemalto ne demande pas à ses salariés d’utiliser des matériels informatiques permettant de travailler à distance (PC portable, smartphone, téléphone portable, etc.) pendant les jours et les heures de repos ». Une interdiction pure et simple eut été la bienvenue et plus claire !

Le groupe Thales, quant à lui, s’est emparé du sujet de manière plus concrète. Le droit à la déconnexion figure dans son accord sur la qualité de vie au travail (QVT). Tous les managers suivent obligatoirement une formation sur les règles de QVT et le droit à la déconnexion. Par exemple, il est redit qu’ils ne doivent ne pas envoyer de mails aux salariés pendant leurs congés ou leur temps de repos.
Il est rappelé que « les managers occupant les niveaux de responsabilité les plus élevés ont un devoir d’exemplarité, à l’égard de leurs salariés, concernant le bon usage des outils numériques ». Les salariés sont aussi sensibilisés.

Une régulation technique a également été prévue par l’accord. Cette mesure n’a pas encore été déployée dans les sociétés du groupe mais la CFE-CGC a déjà rappelé à la direction ses obligations de mise en œuvre.
Ainsi lorsqu’un salarié ou un manager enverra un mail en dehors du temps de travail, le mail sera diffusé, par défaut, le prochain jour ouvré. Sauf décision contraire et donc très consciente de la part de celui ou celle qui envoie le mail.

Thales incite aussi ses salariés à revenir à une communication orale et pas seulement électronique. Enfin, un point est fait sur le droit à la déconnexion lors de l’entretien annuel d’activité afin de pister les éventuels dysfonctionnements et les actions correctives à mettre en place.

Gemalto et Thales, deux considérations des salariés, deux visions de la QVT et du droit à la déconnexion…

0 réponses

Répondre

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *