Faire appel au chômage partiel sans réduire la charge de travail ni revoir les objectifs : un paradoxe de plus à l’heure du déconfinement

« Les salariés de Thales DIS seront en chômage partiel à partir du 4 juin et jusqu’en décembre » a annoncé la direction de l’entreprise aux organisations syndicales de salariés le 12 mai dernier.

Une décision en forme de conclusion d’une période durant laquelle, après la signature d’un accord, les salariés ont soldé leurs congés ou en ont pris par anticipation afin d’éviter un appel au chômage partiel dès le début du confinement. Les congés étant soldés, d’autres mesures s’imposent désormais.

Ainsi, sur les 2500 personnes que compte Thales DIS, 1500 – projection maximale – travailleront à 4/5e.

Si la CFE-CGC comprend parfaitement les enjeux de cette décision – limiter la casse tant économique que sociale -, elle s’interroge cependant sur le manque de clarté de la réponse de la direction quant à sa demande de reconsidérer la charge de travail et les objectifs fixés aux salariés.

Car, en effet, comment parvenir à atteindre des objectifs négociés dans le cadre d’un temps plein alors même que le temps pour les atteindre sera réduit d’un cinquième voire, pour certains, de deux cinquièmes ?. Dès lors, pour atteindre les objectifs ou absorber la charge de travail, les salariés n’ont d’autres solutions que d’allonger leur journée de travail, de travailler le jour chômé ou de travailler une partie de leur week-end. Une situation intolérable dont les effets sur la santé physique et psychique des salariés se font déjà ressentir après une période inédite qui a largement bousculé notre psychisme.

C’est pourquoi les élus CFE-CGC agissent pour qu’un questionnaire soit envoyé au plus tôt aux salariés pour mesurer leur charge de travail. Elle a, par ailleurs et en accord avec d’autres syndicats, sollicité la Direccte pour que cette dernière intervienne auprès de la direction de Thales DIS en vue de protéger les salariés.

Salariés de Thales DIS, la CFE-CGC vous invite à lui faire connaître la situation que vous vivez.

Travailler ou télétravailler, oui. Mais pas au-delà de ce qui est à la fois légal et supportable pour un être humain.