Gemalto social

Plan social à Gemalto: Encore 24 licenciements secs à ce jour

Les commissions de suivi Nord et Sud du PSE se sont tenues en début de semaine.

Toutes les demandes de volontariat ont été soigneusement analysées en appliquant les critères de l’accord (projet puis ancienneté, il n’y a jamais eu besoin d’aller jusqu’au critère d’âge).

Après cette phase de volontariat il restait encore 34 licenciements secs en France :

  • Meudon: 12
  • La Ciotat: 18
  • Gémenos: 4

Cependant, l’’accord PSE prévoyait 10 postes relâchés supplémentaires. En effet La CFE-CGC avait conditionné sa signature à ces 10 postes relâchés et nous avions quitté la salle de négociation car la direction s’y opposait. Nous avons récolté cette semaine le fruit de notre obstination.

Relâcher ces 10 postes n’était intéressant qu’après constatation des volontaires. Il aurait été dommage de relâcher des postes dans une catégorie avec suffisamment de volontaires.

Pour déterminer le nombre de postes relâchés par site sur les 10 postes possibles nous avons appliqué une « règle de trois » équitable en fonction du nombre de licenciables par site.

Le nombre de licenciables secs atteint donc à ce jour le chiffre de 24. C’est encore trop mais c’est beaucoup mieux que les 262 au départ. Espérons que ce chiffre puisse se réduire encore après la période de reclassement interne.

Ce chiffre peut sembler un moindre mal mais il cache toutefois les personnes qui se sont portées volontaires car elles se savaient licenciables avec peu de points, leur permettant ainsi de bénéficier de la prime de volontariat et de départ anticipé.

Dans tous les cas, le bilan social de ce plan ne pourra se faire qu’après un à deux ans, lorsqu’on pourra constater véritablement qui a retrouvé une source de revenus stable et qui se retrouve au final à Pôle Emploi

Toutes les organisations syndicales ont travaillé dur pour que les volontaires en surnombre dans certaines catégories puissent partir à la place de ces licenciables secs  mais la direction s’y oppose fermement,  de peur que des recours soient exercés contre le PSE. Il y a donc 32 salariés qui ne pourront quitter Gemalto alors qu’ils étaient volontaires, et qui auraient permis de sauver un collègue de travail, de quoi engendrer des frustrations bien compréhensibles.

La direction nous a déjà approché pour envisager une deuxième vague après le plan, ouverte au moins aux volontaires refusés : la forme reste encore à définir, les conditions aussi (celles du plan ?) mais elle serait non officielle, comme la vague de ruptures conventionnelles avant le plan. Nous veillerons à ce que le Droit soit respecté si la direction confirme ses intentions.

Prochaines étapes :

  • Les propositions de reclassements internes ont déjà été envoyées aux salariés
    Les salariés concernés reçoivent des offres « correspondant à leur profil ». Une liste complète est toutefois affichée et envoyée par mail et tous pourront candidater à ces postes même si la RH ne les avait pas considérés au départ comme correspondant au profil.
    Les salariés ont 3 jours pour demander à rencontrer les managers des postes pour avoir une idée plus précise ,et 8 jours en tout et pour tout pour dire qu’un ou plusieurs postes les intéressent. Si plusieurs candidats, la direction choisira. Si un seul candidat, il est sélectionné d’office.
    Une baisse de salaire est possible selon le poste cible : nous surveillerons ce point de près pour éviter les abus manifestes.
    La RH aura ensuite 7 jours pour statuer sur les demandes
  • Les lettres de licenciements partiront les 23 et 24 juillet
    Les salariés auront 8 jours pour adhérer à leur initiative au congé de reclassement (sauf départ anticipés ou CDI avant le 23 juillet). Nous incitons fortement les salariés à le faire. Dans le doute contactez-nous.
    A ce sujet la direction nous surprend encore car elle nous a annoncé en commission de suivi du PSE que les salariés volontaires au départ pour un projet retraite et qui sont déjà en droit de demander la retraite (conditions d’âge et de trimestres déjà remplies), ne pourront pas adhérer au congé de reclassement.  L’argument de la direction est de dire qu’à partir du moment où les droits sont déjà acquis et que la retraite est demandée, il y aura un paiement rétroactif de la retraite avec date d’effet le lendemain de la demande.
    Cela nous pose des difficultés car la démarche de liquidation de retraite peut parfois révéler des problèmes qui n’étaient pas visibles sur les relevés de carrière. Il existe toujours un aléa concernant la date de liquidation effective ou la date de droit au taux plein.
    De plus la durée de liquidation de la retraite prend en temps normal entre 4 et 6 mois. Elle peut prendre plus en cas de difficultés. Pour les salariés avec un préavis de 6 mois, leur fin de préavis devrait – généralement mais pas toujours– coïncider avec la date de liquidation.
    Pour les salariés avec 2 ou 3 mois de préavis c’est encore plus critique car ils toucheront leur solde de tout compte sans toutefois être en retraite. Les salariés se retrouveront donc pendant cette période sans pension de retraite, sans salaire et sans indemnité de reclassement. La direction argumente alors qu’ils auront bien de quoi vivre avec leur indemnités de licenciements le temps de liquider leur carrière.
    Il faut rajouter que les dispositions de l’accord prévoient d’accorder la mutuelle santé et la prévoyance aux salariés en reclassement. Exclure ces futurs retraités du congé de reclassement les priverait automatiquement de ces mesures durant la période entre la fin de leur préavis et la liquidation effective de leur retraite.
    Cette nouvelle position de la direction n’est pas conforme du tout à l’accord signé.
    Pour trancher, un recours auprès de la Direccte a été fait cette semaine par la CFE-CGC et nous attendons leur position.

Et pendant ce temps (voir notre billet précédent) certains de nos dirigeants ont été grassement récompensés après la signature du plan social par des actions gratuites pour plus de 4M€. Comme quoi l’année n’est vraiment pas si difficile pour tout le monde malgré les propos que tient notre CEO Philippe Vallée.