Thalesdis blog

Rachat de Gemalto par Thales – Saison 2 – ép.2 – Compléments de rémunération : quelle politique chez Thales ?

Intéressement, participation, épargne salariale… un vocable auxquels les salariés, des grands groupes notamment, se sont habitués. Lorsque les résultats de l’entreprise sont bons, ils peuvent en espérer, selon les accords en place, une quote-part qui constitue un complément de rémunération parfois non négligeable. À l’heure où le nom de Gemalto s’efface au profit de celui de Thales DIS, la CFE-CGC s’est intéressée aux accords existants dans le groupe Thales en matière d’intéressement, de participation et d’épargne salariale… Résumé.

Un seul type d’intéressement et de participation dans le groupe Thales. S’ils sont bien dépendants de critères financiers, il n’existe pas, comme chez Gemalto, un intéressement local c’est-à-dire lié à la performance du site, et un intéressement national, lié à la performance de l’entreprise dans son ensemble sur le territoire France. En d’autres termes, tous les salariés du groupe Thales en France sont traités de la même manière quels que soient leur entité juridique et leur établissement. La redistribution aux salariés, en cas de résultats positifs, est calculée en fonction du temps de présence et du salaire à 50/50.

Renseignements pris, les montants perçus ces cinq dernières années par les salariés du groupe Thales au titre de l’intéressement et de la participation ont toujours été supérieurs à la moyenne des intéressements (le local et le national) et de la participation chez Gemalto – les salariés de Gemalto ont rarement vu la couleur de l’intéressement national et de la participation du fait d’opérations de défiscalisation mettant l’entreprise Gemalto France en situation de déficit…Et qui dit déficit, dit absence de redistribution !

Entre 2264 et 3812 euros

Chez Gemalto, cette moyenne oscille en 2019 entre 950 euros et 2384 euros selon le salaire. Dans le groupe Thales, elle se situe entre 2264 euros et 3812 euros. Ces sommes peuvent être versées sur un plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO) – le PERCO n’existe pas chez Gemalto – et les sommes déposées sont abondées par le groupe à hauteur de 50%. Ainsi un salarié qui déposerait 1000 euros verrait cette somme abondée par le groupe Thales de 500 euros, soit un capital de 1500 euros. L’abondement est cependant plafonné selon l’ancienneté du salarié dans l’entreprise. Ces sommes peuvent également être versées sur un plan d’épargne de groupe (PEG). Mais dans ce cas, l’accord signé par les organisations syndicales dans le groupe Thales ne prévoit pas d’abondement par le groupe. L’avantage du PEG est cependant la défiscalisation c’est-à-dire que les sommes qui y sont déposées ne sont pas soumises à l’impôt sur le revenu. En revanche, elles sont soumises à la CSG/CRDS.

L’accord d’intéressement chez Gemalto étant arrivé à son terme, la direction de Gemalto, compte tenu du rapprochement avec le groupe Thales, a décidé de ne pas le renouveler et a proposé aux organisations syndicales d’adhérer aux accords d’intéressement et de participation en vigueur dans le groupe Thales. Si la CFE-CGC y est favorable, elle demande cependant à ce que l’abondement lié au PERCO puisse être réparti entre le PERCO et le PEG.

Thalesdis syndicat

Plan d’actions gratuites : le tour de passe-passe des dirigeants de Gemalto

200 millions d’euros. C’est peu ou prou la somme qui pourrait être perçue par les dirigeants de Gemalto dans le cadre de la vente des actions gratuites qu’ils détiennent. Une somme pour le moins confortable qui s’ajouterait à celles déjà perçues par Olivier Piou, ancien PDG de Gemalto parti en 2016, et Philippe Vallée, actuel PDG

(pour les visualiser, cliquez ici : https://www.trivano.com/aandeel/gemalto.837.insiders, Le site ne répertorie que les opérations boursières réalisées par les « initiés », c’est-à-dire à Gemalto le PDG et les dirigeants n-1. Les dirigeants n-2 n’apparaissent pas sur le site. Par exemple les opérations d’E. Unguran ne sont visibles que récemment suite à sa désignation comme patron du segment Telecom).

En effet, le contrat cadre Gemalto prévoit qu’en cas de prise de contrôle de l’entreprise par une autre société, toutes les actions gratuites faisant partie d’un plan encore en cours peuvent être immédiatement libérées, quand bien même les performances normalement liées à la revente de ces actions gratuites ne sont pas atteintes.

Pour mémoire, le 2 mars 2018, lors de la présentation des comptes 2017 de Gemalto, on dénombrait plus de 4 millions d’actions gratuites, réparties dans deux types de plans différents non échus. 1,5 million n’étaient plus exerçables du fait de la non-atteinte des performances. Il restait donc moins de 3 millions (2 819 758) potentiellement exerçables.

Quatre semaines après la publication des comptes, le 27 mars 2018, Thales a déposé auprès des autorités de marché son offre publique d’achat (OPA) de Gemalto. Considérant que grâce à cette future prise de contrôle, les actions gratuites pourraient être rapidement libérées, les dirigeants de Gemalto ont annoncé qu’il restait plus de 4 millions d’actions gratuites (4 294 490): celles du deuxième plan et celles du premier plan non échu. Et hop ! Un beau tour de passe-passe qui, à 51 euros l’action, représente 219 millions d’euros.

Face à cette décision du conseil d’administration: un actionnariat très diffus, qui n’a exercé aucune opposition. Les organisations syndicales, dont la CFE-CGC, ont, elles, fait immédiatement connaître leur mécontentement quant à cette décision. Un mécontentement qui a été balayé d’un revers de main par le conseil d’administration de Gemalto qui, pour seule réponse, a fait savoir que les actionnaires ne s’y opposaient pas et que cela ne coûtait rien aux salariés. Dans les faits, cela ne coûte effectivement rien aux salariés. Pour autant, cela coûte à l’entreprise. En effet, l’attribution d’actions gratuites, système plus avantageux que celui des stocks options, se fait soit par l’émission de nouvelles actions via une augmentation de capital, soit par le rachat, au préalable et par l’entreprise elle-même, des actions à attribuer gratuitement, dans le portefeuille d’actions existantes. Un achat qui peut ensuite être inscrit comme une charge dans les comptes de l’entreprise. C’est la pratique, certes légale, à laquelle Gemalto se livre et qui a coûté certaines années jusqu’à 30 millions d’euros à l’entreprise.

Des chiffres cinglants lancés à la face d’une partie des salariés qui s’est vu refuser l’attribution de la prime Macron qui, elle, n’aurait coûté qu’un million d’euros, charges incluses, à Gemalto…

Gemalto Meudon

Rachat de Gemalto par Thales – Saison 2 – Ép.1 – Congés : entre Gemalto et Thales, des disparités

L’accord Thales sur les congés fait partie d’un accord plus large nommé « Dispositions sociales » qui comprend d’autres thématiques. A horizon 2020, c’est cet accord qui s’appliquera après dénonciation des accords Gemalto.

Plus égalitaire dans la mesure où l’accord n’opère pas ou peu de distinguo entre les cadres et les non-cadres, l’accord en vigueur chez Thales sur les différents jours de congés n’est pas forcément plus intéressant dans toutes les situations. La CFE-CGC compte sur la négociation pour améliorer ces conditions, notamment sur la garantie annuelle des jours fériés que les salariés de Gemalto doivent conserver tant que la direction ne veut pas revoir l’accord sur le temps de travail. Consultez notre tableau comparatif.

conges