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La CFE-CGC interpelle Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, sur les actions gratuites attribuées aux dirigeants de Gemalto

Dans le cadre des rencontres organisées par le journal La Provence, la CFE-CGC a interpellé Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, le 26 avril dernier sur les actions gratuites attribuées aux dirigeants de Gemalto. Nous retranscrivons ici ce que la CFE-CGCa porté à la connaissance de la porte-parole du gouvernement ainsi que les deux questions qui lui ont été posées.

« Le Président Macron a beaucoup parlé de moralisation de la vie publique. Dans le même thème nous aimerions aborder le sujet de la moralisation de la vie en entreprise. La loi Sapin 2, votée juste avant le mandat de monsieur Macron, avait pour intention d’encadrer le salaire des dirigeants d’entreprise. Cette loi est donc applicable depuis plus de deux ans.

Nous souhaitons apporter un cas concret : celui de la société Gemalto dont nous faisons partie. Gemalto a supprimé 262 postes en France en 2018. Le plan social est toujours en cours d’exécution avec des salariés en cellule de reclassement.

En avril 2019, l’ancien dirigeant et le dirigeant actuel ont touché, en plus de leur salaire, respectivement 28 et 16 millions d’euros, en vendant des actions qu’ils avaient obtenues gratuitement. Quatre autres directeurs ont également perçu de la même manière 2 millions d’euros.

La suppression de 262 postes est censée faire économiser à Gemalto 30 millions d’euros. Lorsque l’on voit les sommes touchées par les dirigeants de Gemalto, bien supérieures à ces économies, il y a forcément un problème. Cette situation est insupportable pour les salariés. Nous ne pouvons que constater que la loi Sapin 2 ne remplit pas son rôle. Compter sur une régulation des actionnaires n’est pas suffisant, notamment lorsque, comme à Gemalto, cet actionnariat est diffus et que, de fait, les décisions sont prises par le conseil d’administration composé par ces mêmes dirigeants.

Ce type de situation contribue fortement à creuser le fossé social. Les prises de décision en entreprise ne vont pas toujours dans le sens de cette dernière, mais plutôt dans le sens de l’intérêt personnel des dirigeants au regard des sommes qui sont en jeu.

Question 1 : que compte faire le gouvernement de manière concrète pour supprimer ces abus ?

Question 2 : avec ces chiffres mis en perspective, on peut s’interroger sur la pertinence du plan social de 2018 : que compte faire le gouvernement pour réguler la possibilité de licenciement économique dans ce type de situation ? »

La synthèse des échanges est visible sur le journal La Provence du 28 avril 2019 : ICI.

En résumé, notre gouvernement compte sur la responsabilité et l’éthique de nos dirigeants d’entreprise pour qu’il n’y ait pas d’abus. Nous avons malheureusement pu voir que pour Gemalto ce principe ne marche pas.

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