Rachat de Gemalto par Thales – Saison 3 – ép.2 – Gestion active de l’emploi: le ticket d’entrée pour un plan social qui ne dit pas son nom ?

Prévoir les situations économiques difficiles nécessitant des ajustements sociaux. C’est l’objet de l’accord mis en place chez Thales et reconduit en 2019 dont l’application peut être demandée tant par la direction que par les organisations syndicales.

Dans la plupart des entreprises, lorsqu’un problème d’ordre économique et financier nécessite un « ajustement social », comprenez une diminution de la masse salariale par la diminution des effectifs, l’outil le plus communément utilisé consiste en un plan de sauvegarde de l’emploi ou encore un plan de départs volontaires.
Doux euphémismes pour pratiquer ce qui, dans les faits, correspond à mettre à la porte « sur la base du volontariat » ou « pour sauvegarder une partie des emplois » un certain nombre de salariés.

Dans le groupe Thales, il existe la GAE c’est-à-dire la gestion active des emplois. Sans être dupe de cet exercice de rhétorique, la CFE-CGC voit, dans ce dispositif qui a fait l’objet d’un accord, certains aspects positifs. Il contient notamment des mesures supérieures à celles prises de manière unilatérale par un employeur lambda en cas de difficultés économiques et financières.

Ainsi, la GAE est « balisée » c’est-à-dire que sa mise en place comprend différentes étapes, à commencer par une expertise réalisée par un cabinet indépendant. Si l’expertise confirme la GAE, des négociations sont entamées au niveau de la filiale concernée en s’appuyant sur l’accord groupe de GAE.

Des mobilités intragroupe sont prévues tout comme des primes de mobilité ou encore un accompagnement financier pour couvrir les frais de déménagement, l’accompagnement du conjoint du salarié sur le départ et un dédommagement financier.

L’accord de GAE a pour mérite d’obliger les filiales à recruter des salariés issus d’autres filiales car priorité est donnée à l’embauche des salariés concernés par une GAE.
Dans le cas d’un salarié qui serait proche de la retraite (42 mois au maximum), l’accord GAE signé chez Thales prévoit une mise à disposition du salarié. Concrètement, ce dernier est rémunéré à hauteur de 72% de son salaire moyen et reste chez lui.
Des mesures de prime de départ à la retraite ou de rachat de trimestres sont également possibles tout comme des incitations financières pour aller travailler dans une autre entreprise avec une clause de retour en cas d’échec dans le nouvel emploi.

L’avantage, en quelque sorte, de travailler dans un grand groupe dont l’une des facultés est de pouvoir mieux absorber les passages à vide. A condition bien sûr d’anticiper les mouvements de marché et d’activité, d’avoir une gouvernance consciente de ses responsabilités sur le plan humain et d’avancer en toute transparence avec les organisations syndicales en leur communiquant, en amont, les informations stratégiques qui permettront, à tous et de manière soudée, de faire face à la vague.

D’où l’importance qu’un syndicat soit représenté au niveau du groupe c’est-à-dire au plus haut niveau.

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